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La cathédrale d'Amiens, en forme de croix latine, est orientée liturgiquement d'Est en Ouest, avec une inclinaison vers le sud d'environ 23 degrés.
Décidée par l'Évêque Évrard de Fouilloy (après l'incendie qui, en 1218 avait détruit l'édifice précédent), elle a été conçue sous la direction d'Évrard de Fouilloy (architecte) Tirant expérience des modèles existants ( Noyon, Laon, Saint Denis) Robert de Luzarches mit à profit les travaux de ses devanciers sans se laisser séduire par les brillantes innovations qui trompèrent quelques années plus tard le maître d'œuvre de Beauvais (dont la nef ne put jamais résister à la trop haute élévation) Jamais entreprise n'était parvenue à un tel degré de raffinement, d'élégance et de légèreté; jamais encore l'envolée de la pierre n'avait été portée aussi haut, jusqu'à l'extrême limite de ses possibilités. Ici a-t-on dit, c'est la perfection dans l'audace !
Fondée vers la fin du IIIé siècle, l'église primitive était loin d'offrir la magnificence de celle d'aujourd'hui. Elle fut rebâtie plusieurs fois à la suite d'incendies qui réduisirent en cendres les différents édifices notamment à l'époque des invasions normandes vers 850, puis 1019 et 1107. En 1218, la foudre tomba sur la flèche de la cathédrale et mit le feu aux charpentes. L'embrasement s'étendit avec une effrayante rapidité. L'édifice entier s'écroula en flammes. Nous n'avons absolument aucun document pouvant nous donner une idée de ce qu'était ce dernier monument. L'Évêque Évrard de Fouilloy entreprit de rebâtir, une fois de plus, une cathédrale plus vaste et plus belle. Il choisit pour architecte, Robert de Luzarches, "maître maçon" suivant l'expression du moment. Les travaux débutèrent en 1220. La première pierre fut posée, au milieu des plus vives démonstrations d'allégresse. Le plan était ambitieux : longueur 145 m, 70 m de largeur au transept. Les bâtisseurs du XIIIe siècle ont profité du recul du rempart opéré à l'est en 1190 et au sud en 1193. La cathédrale sera élevée à l'intérieur de la nouvelle enceinte, dite de Philippe Auguste. Pour se faire, il fallait détruire et reconstruire en un autre lieu l'église saint Firmin le Confesseur qui empêchait la construction du transept nord, et l'Hôtel-dieu à l'angle de la tour Nord et de la façade occidentale. Les travaux débutèrent par la nef et non par le chœur, comme s'était l'habitude. Le monument s'élevait à bonne hauteur quand Évrard de Fouilloy fut emporté par une mort inopinée en décembre 1222. Un tombeau de bronze recouvrit ses restes. Geoffroy d'Eu, à peine monté sur le trône épiscopal, confia la direction de l'œuvre à un architecte Thomas de Cormont, Robert de Luzarches étant mort lui aussi. L'impulsion du début ne se ralentit pas. Le trésor était pourvu de sommes considérables, les dons affluaient de tous côtés. Huit ans à peine écoulés depuis la pose de la première pierre, les murs de la nef s'élevaient jusqu'à la naissance des voûtes. En 1228, Renaud de Cormont, fils de Thomas, continua l'entreprise et présida aux travaux laissant son propre fils achever l'édifice. En 1236, Geoffroy d'Eu meurt à son tour; son gisant de bronze jouxta celui Évrard de Fouilloy. A cette époque, la nef s'élève jusqu'à la voûte. La façade occidentale monte jusqu'au niveau de la corniche qui s'allonge au dessus de la rose et les parties inférieures du transept sont dressées. Le nouvel Évêque, Arnoult, eut la joie de voir achevée la nef, commencé le chœur et la réalisation des chapelles du chevet serviront de modèle à la sainte Chapelle de Paris. A Partir de 1240, les travaux se ralentirent, les ressources ne répondant plus à l'ardeur de Évêque ; elles furent vite épuisées bien que l'on pût terminer le déambulatoire où Arnoult fut enterré en 1247. Le nouvel Évêque, Gérard de Coucy, fit très peu pour les travaux de son église entre 1247 et 1258. Un incendie dévora les charpentes des chapelles absidiales en 1258 et aurait pu arrêter la construction. Au contraire, cet accident stimula le zèle des fidèles et des compagnons ; on termina les parties hautes des transepts. Pendant près de dix ans, la vie reprend avec plus de vigueur sur le chantier ; toutes les corporations du bâtiment rivalisèrent d'ardeur. Les travaux étaient arrivés au niveau des voûtes du choeur et du transept sud. En 1269, le choeur était terminé puisque Évêque Bernard d'Abbeville fit poser les vitraux des fenêtres. Vingt ans plus tard, Évêque Guillaume de Mâcon, fit achever le grand ouvrage par les combles, la flèche et quelques derniers détails au choeur et au chevet. Le tout était entièrement fini en 1288. Les tours du grand portail seront achevées plus tard ; 1372 pour la tour sud et 1402 pour la tour nord. De la fin du XIII au XIVé siècle ont été ajoutées les chapelles latérales le long des ailes de la nef Source : La Cathédrale Notre-dame d'Amiens Ed Poiret-Choquet M.Duvanel et J. Macrez |
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